Plateforme nationale contre la pauvreté

Plateforme nationale contre la pauvreté

Comment, dans les années à venir, pouvons-nous et devrions-nous nous engager au niveau national afin que la voix des personnes touchées par la pauvreté soit entendue dans la société et que leur participation à la vie sociale, culturelle et politique soit garantie ?

Je me souviens bien des mots d’ouverture des militants Quart Monde à la conférence nationale contre la pauvreté le 22 novembre 2016. Les réactions des participants au manifeste «Réaliser le droit à la participation pour tous» furent nombreux. Il vaut la peine de prendre connaissance de ce document.

Deux années plus tard, le 7 septembre dernier, s’est tenue la conférence de clôture du programme national contre la pauvreté 2014-2018. Elle a non seulement dressé un bilan mais également formulé les mesures de prévention et de lutte contre la pauvreté. En introduction à cette dernière conférence, l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) invitait les personnes touchées par la pauvreté à apporter leurs expériences et à faire part de leurs critiques sur les résultats du programme. C’est dans ce sens que la participation d’ATD Quart Monde avait déjà été sollicitée en novembre 2017. Je peux comprendre que les militants Quart Monde s’interrogent sur l’écoute réelle de leur point de vue. C’est la raison pour laquelle ATD Quart Monde a mené un workshop à la conférence sur le thème « Réaliser le droit de participation pour tous ».

En introduction au workshop, Eugen Brand, volontaire permanent, a souligné : « Le travail créatif commun offre un espace où chaque personne peut trouver librement comment se connecter à soi-même et aux autres. Pour que participation ne rime pas avec manipulation, nous devons travailler sur un langage mutuellement compréhensible et repenser nos formes d’organisation afin de ne pas nous contenter simplement de rajouter des sièges. Il y a également un besoin urgent de soutien financier pour des projets pilotes innovants ancrés dans la participation des personnes en situation de pauvreté dans les domaines de la culture, de la recherche et des affaires économiques ». Dans la discussion, un militant Quart Monde l’a bien résumé ainsi : « Pour moi, la participation signifie être relié, appartenir et être prêt à donner et à recevoir ». Eugen Brand conclut : « La participation c’est la rencontre, la créativité, la véritable ouverture à la vie politique, c’est le travail pour la paix ».

Le 18 avril, le Conseil fédéral a décidé de poursuivre le programme national contre la pauvreté sous une forme plus restreinte. Ainsi un budget de 2,5 millions de francs sera mis à disposition pour les cinq prochaines années. En comparaison, en 2014 – 2018, il s’élevait à 9 millions CHF. En outre, la suppression de la mise en place d’un suivi de la pauvreté et d’un soutien aux projets a été annoncée. Ces mesures nous sont incompréhensibles, car l’écart entre riches et pauvres en Suisse s’accroît d’année en année. Nous sommes heureux que le groupe de pilotage du Programme national contre la pauvreté ait décidé  d’inclure la participation des personnes touchées par la pauvreté dans l’une de ses quatre priorités pour 2019 – 2023. Il s’agit d’une petite percée vers une coopération participative concrète entre le gouvernement fédéral, les personnes en situation de pauvreté, les experts et les politiciens.

Par Claude Hode
Politicien régional de Bâle Campagne