Un civiliste à la rencontre du Mouvement

Valaisan de 22 ans, Alexandre Rausis a effectué sa période de service civil du 17 septembre au 8 décembre 2018 à ATD Quart Monde. Interviewé par Pierre Zanger, volontaire-permanent, il nous livre son regard sur le Mouvement.


Peux-tu te présenter quelque peu, et nous dire comment tu es venu à faire un service civil auprès du Mouvement ATD Quart Monde ?

Après ma maturité, j’ai voyagé, en Afrique notamment, puis j’ai fait plusieurs périodes de service civil. Je me prépare à commencer des études en travail social en septembre 2019. Pour ma recherche de place de civiliste, je cherchais donc avant tout dans le social. Je suis tombé sur ATD Quart Monde, que je ne connaissais pas. Après des recherches, j’ai vu que la thématique était axée sur la pauvreté, les inégalités, la dignité, et ce sont des questions qui me touchent suite à mon voyage en Afrique.

Dans quoi as-tu été impliqué lors de ce temps avec nous ?

J’ai été engagé dans différents projets : le secrétariat pour l’avant-première du film « que sommes-nous devenus » ; l’exposition à Marly « Tes couleurs, mes couleurs » ; les différents événements à Genève en lien avec le 17 octobre (Journée mondiale du refus de la misère) ; la bibliothèque de rue à Genève. Ces projets m’ont enthousiasmé parce que c’était, à la fois concret et aussi très varié. J’ai travaillé avec plusieurs équipes du Mouvement, et même si cela demande de l’énergie, cela brise la routine !

Qu’as-tu appris lors de ton service civil ?

J’ai l’impression que j’ai pu soulever le tapis sous lequel se trouve la pauvreté en Suisse. Dans notre pays, la pauvreté est cachée, mais tout le monde sait un peu qu’elle existe aussi. Là, j’ai pu vraiment découvrir cette face cachée de la Suisse. Cette découverte, j’ai pu la faire en discutant avec des volontaires-permanents, bien sûr aussi à travers la rencontre de militants ou de personnes touchées par la pauvreté, mais aussi à travers des outils comme le livre de Nelly Schenker « Une longue, longue attente » ou le film « que sommes-nous devenus ? ». Ce que j’ai plus particulièrement appris, par rapport à mes voyages en Afrique et mon temps avec ATD Quart Monde en Suisse, c’est qu’il n’y a pas de pauvreté pire qu’une autre, qu’elle soit matérielle ou sociale. Le ressenti est le même, tu te sens autant mis de côté si tu meurs de faim que si tu es dans une grande solitude.

Pourrais-tu nous parler d’un moment fort ?

Si je devais n’en retenir qu’un : la réunion d’ATD Quart Monde à Genève pour lancer le mois du refus de la misère. C’était dans mes premiers jours de service civil. Il y avait autour de la table des personnes avec des vies très différentes, des militants Quart Monde, mais aussi un fonctionnaire de l’ONU, des responsables d’associations.

« Ce qui m’a marqué, c’est de me sentir dans une égale dignité avec chacun, que l’avis de chacun comptait, chaque réflexion, la mienne également, sans forcément une personne qui « sait » plus qu’une autre. »

Et puis, c’est la première fois que j’ai entendu quelqu’un parler directement de sa vie difficile ! C’est impressionnant d’entendre les gens s’exprimer sur leur vie.

Pour finir, si tu devais retenir quelque chose de ton temps avec nous ?

Déjà, je voudrais dire que par rapport à une certaine appréhension de départ, je suis très satisfait : je me suis senti vraiment intégré, valorisé, responsabilisé et pris en compte dans l’équipe. Ensuite, ce temps de service civil a confirmé ma volonté de m’engager dans des thématiques sociales, et pourquoi pas envisager ma vie professionnelle dans le milieu associatif. Enfin, les objectifs d’ATD Quart Monde, la façon de s’organiser, de chercher la participation de tous, m’ont beaucoup touché. J’aurais envie de continuer à m’engager avec ATD Quart Monde suivant mes possibilités. En tout cas, je sais maintenant qu’il existe ce Mouvement qui permet une grande liberté et une variété d’engagements et je le garde bien en tête !